mardi 8 juillet 2014

#lanouvellepage#


 


J'ai eu peur.
De louper le réveil. D'être à la bourre. De ne plus savoir faire. De foirer mon entrée.

Mais non mais non.
J'ai retrouvé les joies de l'attente sur les quais.
Les joies des visages endormis, fermés, inexpressifs.
Les joies des correspondances à saisir à la volée.
Et Paris qui, sous le soleil, se réveille.

C'est pas comme si je ne connaissais pas.
J'ai mes marques, mes repères, j'ai couru un peu et j'arrive essouflée en me disant que bientôt, tout ira tout seul.
Et me voilà dans le grand bain.


Je ne sais plus comment mais je nage.
Je vois Mamzelle Bulle dans un recoin de couloir, j'irai la voir après, faut pas paraître sauvage, et pourtant au fond de moi c'est la jungle la plus totale.
Les chefs font les sérieux. Un peu.
Ils prennent un air sévère qui ne leur va pas du tout et avec une voix grave nous expliquent ceci cela.
Et nous, d'opiner silencieusement.

C'est alors que commence le Grand Ménage.
Mamzelle Bulle et moi-même sommes prises d'un tourbillon estival, on fait le vide à grand renfort de placards ouverts et d'aiguilles périmées.
Du renouveau.

Mettre tout à plat pour y voir plus clair.
Et c'est pas gagné...

Le parquet grince sous nos pas pressés.
Des fois, pour respirer un peu, je regarde par la grande fenêtre. C'est la cour intérieure, on a vu sur les cuisines d'en face, et on se croirait dans un film. Ca sent bon la cuisine toute la journée. Et, quand, on se croise entre deux patients, nos yeux pétillent de gourmandise.

A midi on va prendre l'air, le soleil a envahi le boulevard et on se laisse éblouir le temps de se changer les idées.
On parle mecs, célibat tout frais et vacances qui arrivent.
Et puis du boulot aussi, un petit peu.
On prend de bonnes résolutions, on fait germer les idées, on donne naissance aux envies, et, le tout accordé, ça donne des sourires.
Et puis des fois, mon esprit s'évade un peu plus loin.
L'empressement du wedding day le plus attendu. La hâte de les voir, beaux. L'impatience de voir Miss Chloé en coquelicot de noces. Le doute sur ma robe. Et le cœur serré aussi.
Ne pas y penser, les larmes ne feront que monter.

C'est alors que je me dis qu'il faudra bien un jour avancer sans trébucher, oui mais voilà me dit ma tête, il te faut encore des béquilles.
Alors je pose ma tête sur l'épaule de Mamzelle Bulle en soupirant.

C'est dur, de grandir.

#lanouvellepage#
 

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