Ils ont fait ça en douce, l'air de rien.
Et puis, en ayant le nez en l'air, on les a vues se dessiner discrètement, jusqu'au jour J où, officiellement, il a fallu d'une célébrité pour qu'on appuie enfin sur un bouton.
Les Champs se sont allumés de milles feux, les vitrines se sont animées comme par enchantement, pourtant pas de Disneyland magic là-dedans, juste du travail de fourmi.
J'ai attendu un peu avant d'aller reluquer.
Une année, ils avaient opté pour des mannequins sados-masos, ça m'avait un peu choquée quand même, tous ces gamins qui collent leurs nez morveux sur les vitres, toutes mirettes ouvertes, à demander (au mieux) "mais Maman, pourquoi la dame elle est en culotte?".
Ah si tu savais, Petit...
J'ai pas eu le courage en semaine, c'est pourtant le mieux pour être tranquille et avoir le champ libre, j'ai attendu qu'il y ait foule.
Et puis au fond, je me suis dit c'est pas plus mal, la magie se lit surtout dans les yeux écarquillés des enfants.
Sur le Boulevard, c'est toujours un peu la guerre.
La guerre des parents pour ne pas perdre leurs enfants.
La guerre des enfants à celui qui collerait sa morve le premier sur la vitrine.
Ma guerre à moi pour avoir le bon angle de vue, la belle lumière, la belle face, pour une belle photo.
Croyez-moi, ça a été difficile.
Monstres versus Burberry.
Multicolore fou versus Classe incontestable.
Une Tour Eiffel à l'envers, comme ce monde qui perd la tête, étourdi par Noël. Par toutes ces lumières, toute cette euphorie, et la question lancinante: Quoi offrir à Qui ?
Et ça fourmille de partout, on se remue les méninges et le reste pour courir à gauche à droite chercher les paquets.
Et puis, en trainant à l'heure où les enfants sont couchés, devant les vitrines qui s'animent encore pourtant, prendre le temps de souffler...
L'enfance revient, la larme au coin de l'œil.
#lenezauxvitrines#
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