Il fait gris.
Je prie intérieurement pour qu'il ne pleuve pas.
Session courses avec la grand-mère.
Elle cherche la liste 5 fois de suite parce qu'une fois en main, elle la remet et oublie où.
C'est pas gagné.
Ca va, je sais ce qu'il me faut. On entame ensemble, mais c'est pour mieux qu'elle me sème dans les allées de Carrefour.
Je l'attends patiemment, et c'est mon nom que j'entends à l'interphone du magasin.
La honte. Intersidérale.
Je vais la chercher, la retrouve, et elle a l'air paumée dans cette grande allée, elle regarde de l'autre côté, et je suis furieuse comme on doit l'être après un enfant qu'on égare, je rumine et fulmine en même temps, et puis à la voir là, perdue, j'en ai presque de la peine.
Je l'attrape par le bras, et elle, de me dire "ben oui hein, mais hé, je ne te retrouvais plus et puis bon, comme il faut que tu partes..".
Je prends mes cliques, laisse les claques, et me voilà partie pour l'enfance.
Je me gare un peu haut, en reluquant d'avance les photos que je vais bien pouvoir faire au passage; je me pose, marche vite, entre deux clic clac kodak c'est dans la boîte, et me voilà à l'attendre au pied du métro.
Clic clac, ça aussi, dans la boîte.
Elle n'arrive pas, on ne s'est pas comprises en fait, je reprends ma route et là voilà sur le pont là-bas.
Un an mais c'est toujours pareil, ça fait comme si c'était hier, et d'hier en hier les années se comptent sur le bout des doigts.
"Vous travaillez là?" euh non non, et c'est bien dommage, parce qu'un tournage ça a l'air chouette quand même, et voilà on est obligéeS de monter et descendre par les escaliers verts, c'est rigolo.
Il y a des dessins en grand partout sur les portes vitrées, l'Univers des histoires à portée de poignées.
On teste les portes, on essaie d'entrer, on n'a juste pas vu "ENTREE" en gros en blanc mais qui ne se voit pas trop quand même eu milieu des dessins, c'est peut-être qu'on a déjà la tête dans les nuages de Là-Haut.
Une femme me tend sa place, je me dis c'est bizarre, y'a baleine sous gravier, depuis quand les gens de nos jours sont-ils gentils généreusement? mais non me voilà mauvaise langue parce que la place est bien valide et hop, on s'engouffre entre les murs.
Il y a des statuettes en platre, des dessins de pastels, des croquis à la main.
Il y a de la couleur, beaucoup.
Et les répliques qui reviennent de loin.
Il y a des dessins rigolos, des films à revoir et d'autres qu'on ne connait pas.
Des schémas qui n'ont à voir avec le bouquet final, et des airs de ressemblance des fois entre les uns et les autres.
De la magie dans les mirettes.
Boire un coup à la belette.
Virgin Mojito and Co.
La nuit est montée.
Et, au pied du métro, on se promet bientôt.
#Pixar#
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